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Le végétarisme et ses travers

4 participants

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Je remarque de plus en plus de gens autour de moi célébrer les vertus du végétarisme. Même chez les philosophes, l'importance de la nourriture, parce qu'elle contribue à la qualité et à l'hygiène de vie, est de plus en plus marquée : que cela soit Nietzsche ou dernièrement Corine Pelluchon dont le dernier ouvrage, les Nourritures, examine la philosophie politique à l'aune de cet environnement qu'un sujet relationnel devrait prendre en compte, en tant qu'il est condition de son bonheur. Or je remarque également une tendance inquiétante à ne pas seulement baser ce choix éthique sur des considérations purement qualitatives, du type biologiques (la santé), mais aussi sur un moralisme persistant. Certes, les végétariens ne sont en général pas des religieux, mais les voilà à implorer la Nature et à se flageller pour les crimes commis par les hommes sur les animaux. Une chose est de reconnaître la souffrance infligée aux animaux et de mettre à mal les prétentions à la toute-puissance des hommes, lesquels ne sont pas les seuls êtres sentients (comme on dit) et par là peut-être titulaires de droits. Une autre est d'expier un pêché originel et, au nom de la cause animale, de faire preuve de la plus belle misanthropie sous couvert de sentimentalisme (qui s'avère sélectif). La violence ne serait pas bonne pour les animaux, en revanche les hommes devraient payer, notamment dans une civilisation occidentale dont la technique révèle bien le caractère nocif pour la planète. Le mal, c'est donc l'homme. Et celui qui continue de manger sa viande est à la fois un imbécile et un salaud. Être végétarien, ce serait faire partie des justes (d'ailleurs, un ouvrage récent s'intitule "Le végétarisme et ses ennemis"). Dès lors, je vous le demande : pensez-vous qu'il soit sain d'adopter cette attitude, de devenir végétarien ? Vous semble-t-elle responsable, hypocrite ou encore dangereuse ? L'humanité devrait-elle se plier à un même régime alimentaire ? Que faire de l'homme dans une situation mondiale désastreuse ?

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En effet, c'est une chose de protéger les animaux de toute forme de cruauté (je pense par exemple à ceux qui postent des vidéos sur internet où ils balancent des chats contre les murs) ; c'en est une autre de vouloir éradiquer cette "tradition" qui est de manger de la viande. Le débat devrait et doit se situer au niveau de la raison, à savoir qu'est-ce qui est acceptable éthiquement, économiquement, etc. ? Mais quand la discussion s'enfonce comme vous le dites justement dans un moralisme sentimentale et culpabilisateur, je n'accepte pas cette forme de discussion. 

J'imagine que la question devient difficile à cause de la société de consommation, puisque aujourd’hui, nous faisons de l'élevage de masse pour nourrir en viande la planète. Combien de reportages horribles n'avons-nous pas vu sur les bovins aux état-unis, ou sur les poissons au japon, ou sur les poulets en France, etc. Doit-on obliger ces organisations à élever leur animaux de manière naturelle (sans les gaver, sans les maltraiter) ? Quelles seraient les conséquences, que ce soit économiques ou autres ? Si cette solution est tout à fait viable, pourquoi pas. Nous avons l'exemple des poulets de Loué, qui sont élevés en liberté. Je suis passé une fois là-bas et en effet, les poulets semblent avoir une vie acceptable. Donc j'achète mes œufs là-bas. 

Toutefois, si tout pouvait être réglé aussi facilement, ça se saurait, et j'imagine que c'est très compliqué à démêler. Quant aux végétariens, ils ont le droit de l'être, mais je déteste cette tendance à vouloir transformer les autres en prenant l'attitude de celui qui vaut mieux par sa droiture morale. Une bonne lecture de Nietzsche leur ferait le plus grand bien  :lol:

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Desassocego a écrit:
En effet, c'est une chose de protéger les animaux de toute forme de cruauté (je pense par exemple à ceux qui postent des vidéos sur internet où ils balancent des chats contre les murs) ; c'en est une autre de vouloir éradiquer cette "tradition" qui est de manger de la viande. Le débat devrait et doit se situer au niveau de la raison, à savoir qu'est-ce qui est acceptable éthiquement, économiquement, etc. ?

Le problème c'est qu'il n'y a rien en faveur de la consommation de viande, sinon le plaisir qui est à la fois subjectif et relève d'une habitude (qui peut être changée), le tout se résumant à un goût pour la cruauté, redoublée quand on l'occulte pour "son bon plaisir". Ce qui donne un argument de poids au moralisme qui rappelle que l'homme est cette bête assoiffée de sang qui, de plus, se permet le superflu. C'est donc le diable.
Desassocego a écrit:
J'imagine que la question devient difficile à cause de la société de consommation, puisque aujourd’hui, nous faisons de l'élevage de masse pour nourrir en viande la planète. Combien de reportages horribles n'avons-nous pas vu sur les bovins aux état-unis, ou sur les poissons au japon, ou sur les poulets en France, etc.

Le problème est la surpopulation qui nuit au renouvellement des ressources, notamment lorsque la demande en viande entraîne un usage intensif de l'eau, de l'énergie, des engrais et des terres. Pour produire un kilo de viande, il faut énormément de ces ressources... Bref, il y a trop d'hommes et surtout trop de mangeurs de viande !
Desassocego a écrit:
Quant aux végétariens, ils ont le droit de l'être, mais je déteste cette tendance à vouloir transformer les autres en prenant l'attitude de celui qui vaut mieux par sa droiture morale. Une bonne lecture de Nietzsche leur ferait le plus grand bien

Ce qu'ils refusent, c'est que l'homme et la réalité soient cruels.

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Je suis devenu quasiment végétarien, or, ce n'était pas une volonté de ma part, mais un fait auquel je suis arrivé par la nécessité, à un moment donné, de "raisonner" mon alimentation. En cela ma réponse n' a d'autre prétention que de faire part de mon expérience. Vous citez Nietzsche, et j'aimerais évoquer le cas de ce personnage qui souffrait du mal éponyme de "cornarisme". Nietzsche dit de ce personnage que ce n'est pas parce qu'il mangeait peu qu'il se portait bien, mais plutôt parce que s'il mangeait plus que son organisme ne réclamait, alors il se rendait malade. Il est assez rare que j'aille à l'encontre de ce philosophe, mais là, pour le coup, je crois qu'il se trompe quand il présente la chose telle qu'il le fait, car dire de quelqu'un qu'il se rend malade quand il mange trop ou mal, c'est exactement la même chose que de dire qu'il ne doit pas manger trop ou mal pour rester en bonne santé et vivre vieux. Mais j'imagine qu'il devait par là, vouloir dénoncer les agissement trompeurs de "l' épicurien " en question, un peu comme s'il avait perçu là un "Cagliostro".

Nous seront, en toute logique, pour la plupart d'entre nous majoritairement végétarien par la force des choses, et nous y viendront par la nécessité de raisonner notre alimentation, sans qu'il soit question de militantisme. Car l'industrie agro-alimentaire laisse à notre charge le soin de nous préoccuper de notre alimentation, son but légal n'étant autre que de proposer ce qu'elle veut, selon la seule loi du marché. Je ne parlerai pas de mon cas personnel, je veux juste dire que la tradition est une chose et que l'emballage " façon tradition" n'est pas la tradition et n'est gage que de performance marchande.

Ma démarche n'était pas "engagée", mais dans la mesure où cela m'a rationnellement menée à un quasi végétarisme, je ne peux stigmatiser les travers du végétarisme quand je vois ce qui à l'opposé est le travers du consumérisme. ( le végétarisme ne tue pas celui qui l'est, non plus)

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Personnellement, je ne mange quasiment plus de viande parce qu'elle est souvent de mauvaise qualité et donc susceptible d'être mauvaise pour la santé (c'est plutôt cela que la souffrance animale en tant que telle qui me dérange). Elle est aussi onéreuse et un luxe que l'on se paye au prix des ressources naturelles à notre disposition. Il me semble que l'avenir sera frugal et que nous ferions bien, de toute façon, de diminuer considérablement notre consommation de viande. Autrement, nous serons mal quand les classes moyennes des pays émergents voudront se mettre au mode de vie occidental. Cela dit, j'essaie de me réserver pour les grands événements, même si, en amateur de viande, je ne refuse jamais ce plaisir.
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