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Rorty

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4 participants

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salut. on trouve plein de textes intéressants de rorty en tapant "rorty pdf" dans google.

voyez par exemple :

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]


une idée pourrait être la traduction en français tout en en discutant au fur et à mesure...? si des gens sont intéressés, dites moi.

à+
joseph

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Bonjour Joseph et merci pour cette proposition. Si vous souhaitez entamer le traitement de ce texte dans cette rubrique, je vous accompagnerai bien volontiers dans cette démarche.

Par contre, un petit travail préparatoire va être nécessaire pour initier l’atelier de lecture : pouvez-vous proposer une première contribution qui pose ce texte, le thème qui y est abordé, la thèse générale de l’auteur et éventuellement ce qui vous intéresse dans ce texte ? Ce contexte pourra donner envie à d’autres personnes de s’investir dans ce projet. Il me semble préférable d’initier également la lecture même du texte dans cette première contribution en choisissant un passage pour lequel vous souhaitez proposer une explication et en indiquant des pistes pour continuer le travail. Cette première contribution n’a pas besoin d’être très grosse, mais doit donner matière à réflexion pour d’autres intervenants et inciter à la participation.

Reste la question de l’anglais : je ne pense pas qu’une traduction systématique du texte soit une bonne idée pour le travailler, car elle va probablement apporter plus d’erreurs qu’autre chose (une traduction fidèle nécessite d’avoir déjà compris le texte). Cependant, ce forum étant francophone, je vous propose de traduire systématiquement les citations que nous utiliserons dans cette analyse tout en citant dans le même temps le texte original en anglais afin de permettre les corrections d’autres participants.

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Il existe déjà des ouvrages de ce philosophe en français qui peuvent permettre de comprendre sa pensée pour traduire les textes qui ne le sont pas encore.

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Bonjour Dienekes.

Le texte que je propose a été écrit par Rorty en 2000. Il est mort en 2007. Je crois qu'il s'agit d'un texte de fin de vie, une sorte de testament, et que Rorty avait l'intention de s'en servir comme d'une présentation générale de ses idées, une sorte de propédeutique à son œuvre. J'ai déjà un peu parlé de Rorty ici : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] . Ce texte décrit ce que Rorty appelle une culture littéraire (post-philosophique), telle qu'il souhaiterait la voir émerger, par opposition à l'ancienne croyance en une vérité rédemptrice et normative. Rorty, qui avait commencé par la philosophie analytique comme élève de Carnap, a lui même quitté le département de philosophie de son université quelques années avant sa mort, pour se consacrer exclusivement à la littérature comparée. J'ai sélectionné et traduit un passage qui me semblait représentatif de son style et de ses idées. Le voici :

(les nombres entre crochets indique le numéro de la page dans le document original.)

Richard Rorty - The decline of redemptive truth and the rise of a literary culture, 1/2 a écrit:


...

[20]     Jusqu’à présent je n’ai rien dit à propos de la relation de la culture littéraire avec la politique. Je terminerai en abordant ce sujet. En effet la querelle entre ceux qui voient l’avènement d’une culture littéraire comme une bonne chose et ceux qui la voient comme une mauvaise chose est principalement une querelle à propos de quelle sorte de haute culture réussira le mieux à créer et faire durer le climat de tolérance qui s’épanouit de préférence dans les sociétés démocratiques.
    Ceux qui affirment qu’une culture centrée sur la science est meilleure pour ce but s’appuient sur l’amour de la vérité en opposition à la haine, la passion, le préjudice, la superstition et toutes les forces de la déraison contre lesquelles Socrate et Platon affirmaient que la philosophie pourrait nous sauver. Mais ceux qui sont de l’autre côté sont sceptiques quant à l’opposition platonique entre raison et déraison. Ils ne voient pas le besoin de relier la différence entre une conversation tolérante et une mauvaise volonté d’écouter l’autre, et la distinction entre une partie plus élevées de nous-mêmes qui permet d’atteindre la rédemption et une autre partie qui est pure animalité.
    Le point important de ceux qui pensent qu’un juste respect pour la vérité objective, et par conséquent pour la science, est important pour faire durer un climat de tolérance et de bonne volonté, est que l’argumentation est essentielle pour la science et la démocratie. Quand on choisit entre [21] des théories scientifiques différentes et quand on choisit entre des textes de législation différents, nous voulons que les gens basent leur décision sur des arguments – arguments qui partent de prémisses que l’on peut rendre plausibles pour quiconque s’intéresse au sujet.
    Les prêtres donnent rarement de tels arguments, ni les intellectuels littéraires. Il est donc tentant de penser que la préférence de la littérature sur la science est un rejet de l’argumentation en faveur de prédictions oraculaires – une régression vers quelque chose d’inconfortable comme le stage pré-philosophique, religieux, de la vie intellectuelle occidentale. Vu de cette façon, l’avènement d’une culture littéraire ressemble à la trahison des clercs.
    Mais ceux d’entre nous qui se reconnaissent dans l’émergence de la culture littéraire peuvent contrer cette critique en disant que, alors que l’argumentation est essentielle pour les projets de coopération sociale, la rédemption est une affaire individuelle et privée. De la même façon que l’émergence de la tolérance religieuse a reposé sur la distinction entre les besoins de la société et les besoins de l’individu, et en disant que la religion n’était pas nécessaire pour les premiers, de même la culture littéraire nous demande de disjoindre la délibération politique des projets de rédemption. Cela signifie être d’accord sur le fait que les espoirs privés pour l’authenticité et l’autonomie devraient être laissés à la maison quand les citoyens d’une société démocratique se réunissent pour débattre à propos de ce qui doit être fait.
    Comprendre cela amène à dire : la seule façon qu’a la science d’être valable pour la politique est que les scientifiques apportent un bon exemple de coopération sociale, d’une culture d’expert dans laquelle l’argumentation progresse. Ils apportent un modèle pour la délibération politique –un modèle d’honnêteté, de tolérance et de confiance. Cette habileté est une affaire de procédures plutôt que de résultats et c’est pourquoi des charpentiers ou des conducteurs d’engins apportent un aussi bon modèle qu’un département en astrophysique. La différence entre un accord raisonnable sur la façon de résoudre un problème durant la construction [22] d’une maison ou d’un pont, et un accord raisonnable sur ce que les physiciens appellent « une théorie du tout » est, dans ce contexte, non pertinente.  Car quoi que nous apprenne cette théorie, elle ne nous guidera pas dans notre conduite politique ou notre rédemption individuelle.
    Cette remarque peut paraître arrogante et dogmatique, car il arrive certainement que les résultats d’enquêtes empiriques aient eu, dans le passé, un impact sur notre propre image. Galilée et Darwin ont réfuté certaines fantaisies en montrant la pertinence d’un apport matérialiste. Ils ont par conséquent rendu plus facile le passage d’une haute culture religieuse à une culture sécularisée, simplement philosophique. Mon argument en faveur d’une culture littéraire repose donc sur le constat  que se débarrasser des fantaisies, des agents causales qui ne dépendent pas de la conduite des particules élémentaires, a épuisé l’utilité des sciences naturelles pour des buts rédempteurs et politiques.
    Je ne fais pas ce constat comme un résultat de raisonnement philosophique ou une intuition, mais juste comme une prédiction à propos du futur. Une prédiction similaire a amené les philosophes du dix-huitième siècle à penser que la religion Chrétienne avait fait à peu près tout ce qu’elle pouvait pour la condition morale de l’humanité, et qu’il était temps de laisser la religion derrière nous et de donner sa place à la métaphysique, idéaliste ou matérialiste. Quand les intellectuels littéraires affirment que la science naturelle n’a rien à nous offrir excepté un exemple édifiant de conversation tolérante, ils font quelque chose d’analogue à ce que les « philosophes » faisaient quand ils disaient que même les meilleurs prêtres n’ont rien à offrir en dehors d’exemples édifiants de charité et de décence. Réduire la science d’une source possible de vérité rédemptrice à un modèle de coopération rationnel est l’analogue contemporain de la réduction des Gospels d’un moyen d’atteindre la joie éternelle à une collection de conseils moraux mis en musique. [23] C’est cette sorte de réduction que Kant et Jefferson recommandaient, et que les protestants libéraux des deux derniers siècles ont progressivement accomplie.
    Pour dire les choses autrement : aussi bien la religion chrétienne que la métaphysique matérialiste se sont transformés en artéfacts qui s’auto-consument. Le besoin d’une orthodoxie religieuse a été sapé par l’insistance de St Paul sur la primauté de l’amour, et par la prise de conscience que la religion de l’amour ne pouvait pas demander à chacun de réciter le même crédo. Le besoin d’une métaphysique a été sapé par l ‘habilité de la science moderne de voir l’esprit humain comme un système nerveux exceptionnellement complexe et ainsi de se voir en termes pragmatiques plutôt que métaphysiques. La science nous a montré comment voir l’enquête empirique et l’usage de cet appareil physiologique pour gagner une plus grande maîtrise de l’environnement, plutôt que comme un moyen de remplacer l’apparence par la réalité. Comme le dix-huitième siècle est devenu capable de voir le Christianisme non comme une révélation d’en haut mais comme une continuation de la réflexion socratique, le vingtième siècle est devenu capable de voir la science naturelle non comme révélant la nature intrinsèque de la réalité, mais comme une suite de résolution de problèmes pratiques tels que ceux rencontrés par les castors et les charpentiers.
    Abandonner l’idée qu’il y a une nature intrinsèque de la réalité à découvrir par les prêtres, ou les philosophes, ou les scientifiques revient à séparer le besoin de rédemption de la recherche d’un agrément universel. C’est à dire abandonner la recherche d’une définition précise de la nature humaine et d’un précepte pour mener La Bonne Vie de l’Homme. Une fois ces recherches abandonnées, augmenter les limites de l’imagination humaine prend le rôle que jouait l’obédience à une volonté divine dans une culture religieuse, et le rôle que la découverte de ce qui est réellement réel jouait dans une culture philosophique. Mais cette substitution [24] n’est pas une raison pour abandonner la recherche d’une forme utopique de vie politique : la Bonne Société Globale.
...   

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suite et fin :
Richard Rorty - The decline of redemptive truth and the rise of a literary culture, 2/2 a écrit:




[24] J’ai dit maintenant tout ce que je pouvais pour contrer la suggestion que l’émergence d’une culture littéraire est une rechute dans l’irrationalisme, et qu’un juste respect pour la capacité de la science d’atteindre une vérité objective est essentiel au moral d’une société démocratique. Mais il y a une suggestion apparentée, plus vague et difficile à pointer, mais peut-être pas moins convaincante. C’est que la culture littéraire est décadente –qu’elle manque de la santé d’esprit et de la vigueur commune aux chrétiens prosélytes, aux adorateurs de la science positivistes, et aux révolutionnaires marxistes. Une haute culture centrée sur la littérature, qui veut que les choses soient non pas bonnes, mais nouvelles, sera, on le dit souvent, une culture d’esthètes languissants et autocentrés.
La meilleure réponse à cette idée est « L’âme de l’homme sous le socialisme » par Oscar Wilde. Le message cet essai est parallèle à ceux de « Sur la liberté » de Mill et de la « Théorie de la justice » de Rawls. C’est que la seul raison d’abandonner les prêtre et les rois, de mettre en place des gouvernements démocratiques, de prendre à chacun selon ses capacité et de donner à chacun selon ses besoins, et par conséquent de créer la Bonne Société Globale, c’est de rendre possible pour les gens de mener le style de vie qu’ils préfèrent, aussi longtemps que cela ne diminue pas les opportunités des autres humains de faire la même chose. Comme Wilde l’affirme « Le socialisme en lui-même sera de valeur simplement parce qu’il mènera à l’individualisme ». Une partie de l’opinion de Wilde est qu’il ne peut pas y avoir d’objection aux esthètes autocentrés –c’est à dire des gens dont la passion est d’explorer les limites présentes de l’imagination humaine- aussi longtemps qu’ils ne prennent pas plus que leur juste part du produit social.
[25] Cette revendication, cependant, paraît décadente à beaucoup de gens. Nous n’avons pas été mis sur terre, diront-ils, pour nous divertir, mais pour faire des choses bonnes. Ils pensent que le socialisme ne nous prendrait pas tant à cœur s’il était juste un chemin vers l’individualisme, ou si le but de la révolution prolétarienne était seulement de rendre possible pour chacun de devenir un intellectuel bourgeois. Cette idée que l’existence humaine a d’autres buts que le plaisir est ce qui entretient la bataille entre Mill et Kant dans les cours de philosophie morale, de la même façon que l’idée que la science naturelle doit avoir un autre but que la résolution de problèmes pratiques entretient la bataille entre Kuhn et ses adversaires vivants dans les cours de philosophie des sciences. Mill et Kuhn –et plus généralement les utilitariens et les pragmatistes- sont encore suspectés d’abandonner la partie, de diminuer la dignité humaine, de réduire nos plus nobles aspirations à une stimulation autocentrés de nos groupes de neurones favoris.
L’antagonisme entre ceux qui pensent, avec Schiller et Wilde, que les êtres humains sont meilleurs quand ils jouent, et ceux qui pensent qu’ils sont meilleurs quand ils luttent, semblent pour moi le socle des conflits qui ont marqués l’émergence d’une culture littéraire. Une fois encore, je voudrais que ces conflits soient vus comme reproduisant ceux qui ont marqué la transition de la religion à la philosophie. Dans cette précédente transition, les gens qui pensaient qu’une vie humaine qui ne s’efforçait pas d’obéir parfaitement à la volonté divine était une rechute dans l’animalité se confrontaient à ceux qui pensaient qu’un tel idéal de soumission étaient indigne d’être qui peuvent penser par eux-mêmes. Dans la présente transition, les gens qui pensent que nous devons nous accrocher à des idéaux Kantiens comme « la loi morale » et « les choses en soi » se confrontent à des gens qui pensent que ces idées sont les symptômes d’une autonomie insuffisante, d’une tentative trompeuse de trouver de la dignité dans l’acceptation de servitude et de la liberté dans la reconnaissance de contraintes.
[26] Le seul moyen de résoudre cette sorte de querelle, me semble t il, est de dire que le style de gens à qui une société utopique donnera ressources et loisirs pour faire leur occupation individualiste inclura des Kantiens forcenés aussi bien que des esthètes autocentrés, des gens qui ne peuvent pas vivre sans religion autant que des gens qui la déteste, des métaphysiciens de la nature autant que des pragmatistes de la nature. Car dans cette utopie, comme Rawls l’a dit, il n’y aura pas besoin de se mettre d’accord sur le sens de l’existence humaine, la bonne vie pour l’homme, ou sur d’autres problèmes de généralité similaire.
Si les gens qui ne sont pas d’accord à propos de ces sujets peuvent être d’accord pour coopérer dans le fonctionnement des pratiques et des institutions qui ont, selon les mots de Wilde « substitué la coopération à la compétition », ce sera suffisant. La controverse Kant / Mill, comme la dispute entre les métaphysiciens et les pragmatistes, semblera aussi peu digne de se quereller que le problème entre les croyants et les athées. Car nous les humains n’avons pas besoins d’être d’accord à propos de la Nature ou la Fin de l’homme pour pouvoir faciliter la capacité de notre voisin à agir selon ses propres convictions sur ces sujets, aussi longtemps que ses actions n’interfèrent pas avec notre liberté d’agir selon nos propres convictions.
En bref, comme nous avons appris, dans les siècles récents, que la différence d’opinion entre le croyant et l’athée ne devait pas être discutée tant que les deux peuvent coopérer sur des projets communs, nous pourrions apprendre à mettre de côté toutes les différences entre toutes les recherches variées de rédemption quand nous coopérons pour construire l’utopie de Wilde. Dans cette utopie, la culture littéraire ne sera pas la seule, ou même la forme dominante de haute culture.
C’est parce qu’il n’y aura pas de forme dominante. La haute culture ne sera plus pensée comme l’endroit où le but de la société dans son ensemble est débattu et décidé, et où c’est une affaire sociale de savoir quelle sorte d’intellectuel dirige l’orchestre. [27] On ne s’intéressera plus au fossé qui s’ouvre entre culture populaire, la culture des gens qui n’ont jamais senti le besoin de rédemption, et la haute culture des intellectuels –des gens qui ont toujours voulu être quelque chose de différent que ce qu’ils sont présentement. Dans l’utopie, le besoin philosophique et religieux d’être relié au non-humain, et le besoin des intellectuels littéraires d’explorer les limites présentes de l’imagination humaine seront vus comme une affaire de goûts. Ils seront vus par les non-intellectuels de la même façon tolérante et relaxée et incompréhensive que nous regardons présentement l’obsession de notre voisin pour l’observation d’oiseaux, ou le macramé, ou une collection d’enjoliveurs, ou la découverte des secrets de la Grande Pyramide.
Pour se mouvoir dans l’utopie, cependant, les intellectuels littéraires devront mettre un bémol à leur rhétorique. Certains passages de Wilde ne devront pas être répétés, comme quand il dit « les poètes, les philosophes, les hommes de sciences, les hommes de culture –en un mot, les hommes réels, les hommes qui se sont réalisés, et en qui toute l’humanité se réalise partiellement » L’idée que certains hommes sont plus réellement des hommes que d’autres contredit la meilleur sagesse de Wilde, comme lorsqu’il dit « Il n’y a pas un modèle pour l’homme. Il y a autant de perfections qu’il y a d’hommes imparfaits. » Les mêmes mots auraient pu être écrits par Nietzsche, mais pour les prendre sérieusement nous devons oublier le mépris de Zarathoustra pour le « dernier homme », l’homme qui ne ressent pas de besoin de rédemption. Dans l’utopie, la culture littéraire aura appris à ne pas se donner des airs. Elle ne sentira plus la tentation de faire des distinctions individuelles et quasi-métaphysique entre des hommes réels et d’autres hommes moins réels.
Pour résumer, je suggère que nous voyions la culture littéraire comme étant elle-même un artéfact qui s’auto-consume, et peut être le dernier de son espèce. Car dans l’utopie les intellectuels auront abandonné l’idée qu’il y a une norme sur laquelle les produits de l’imagination humaine peuvent être [28] mesurés autre que leur utilité sociale, comme cette utilité est jugée par une communauté globale libre et tolérante. Ils auront arrêté de penser que l’imagination humaine va quelque part, qu’il y a un but idéal vers lequel toutes les créations culturelles se dirigent. Ils auront abandonné l’identification de la rédemption avec l’atteinte de la perfection. Ils auront pleinement compris la maxime suivant laquelle c’est le voyage qui compte.
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