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Polybe, Livres I-II.

2 participants

descriptionPolybe, Livres I-II. - Page 3 EmptyRe: Polybe, Livres I-II.

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Euterpe a écrit:
Disons que je vois dans la Sicile telle que les Romains la considèrent alors comme une question logistique (affaire strictement militaire), qui apporte une circonstance de plus dans l'hellénisation de la culture romaine, laquelle s'accentue encore plus. Hypothèse dont je ne sais pas si elle est historiquement acceptée ou acceptable. Ça supposerait que je me replonge assidûment dans ce genre de lectures.


Un court extrait de ce qu'en dit Ferrary :
On s'est interrogé sur les causes réelles de la guerre, qu'on a naturellement voulu chercher soit dans les conflits de la politique intérieure romaine, soit dans le domaine de l'économie. Le premier, Münzer (sans d'ailleurs en inférer quoi que se soit pour la politique étrangère) avait attiré l'attention sur ce qu'il appelle l'entrée des campanische Rittern dans les Fastes romains depuis la fin du Ive et le début du IIIe. Après lui, J. Heurgon a plaidé pour l'origine campanienne des Atilii, qui, en effet, occuperont le consulat entre 267 et 245 et, allant plus loin, a attribué la responsabilité des guerres puniques à cette "tradition campanienne", surgie de l’intérêt depuis longtemps manifesté par les condottieri et les mercenaires campaniens pour la Sicile et même, du temps d'Agathocle, l'Afrique. Certains, comme G. Picard, sont allés plus loin encore, et ont supposé que ces Campaniens formaient un véritable lobby économique, que c'est pour défendre des intérêts commerciaux que Rome a déclenché la première guerre punique. (...) Cassola, insiste longuement sur l'importance plus grande qu'on ne croit, du commerce romain dès la fin du IVe attesté, selon lui, par les traités avec Carthage et la fondation d'Ostie. 

Je suis d'avis de prendre en considération ce dernier avis, qui in fine renforce votre thèse - avis inspiré par Veyne si je ne dis pas de bêtise - sur la place stratégique de la Sicile entre l'Italie et l'Afrique. Ainsi, la 1ére guerre punique serait défensive, entendue comme étant justifiée non par la conquête mais par la préservation des intérêts romains. 

Merci pour ces liens que je ne manquerai pas de consulter.

Bonne idée, les sujets d'histoire sont essentiels à nos amis philosophes.


Et réciproquement :lol:.

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Avec tout ça, j'oubliais l'une des raisons qui expliquent mon intérêt particulier pour le sujet. En fait, j'essaie d'échafauder une trajectoire du panhellénisme qui me permettrait de jeter un pont entre Gorgias et Polybe. Je vous en parle plus tard.

Je propose le point de départ suivant. Philostrate, Vie des sophistes (II, 9) :
à Olympie, les paroles [que Gorgias] fit entendre portèrent sur les plus grands intérêts de la politique : voyant les divisions de la Grèce, il prit en main le rôle de conciliateur ; il s'efforça de tourner tous les peuples contre les ennemis du dehors, et les conjura de se proposer, comme prix de la victoire, non les villes de leurs frères, mais la terre des barbares. Quant à l'oraison funèbre qu'il prononça dans Athènes, elle fut débitée en l'honneur des victimes de la guerre, dont les Athéniens faisaient, aux frais de l'État, les funérailles, et voulaient qu'on célébrât la mémoire. Ce morceau est composé avec un art sans égal ; en effet, l'auteur y excite les Athéniens contre les Mèdes et les Perses, et paraît animé du même esprit que dans son discours d'Olympie ; toutefois, il ne parle plus de la concorde qui doit régner entre tous les Grecs ; c'est qu'il s'adresse aux Athéniens, très désireux de l'hégémonie

Gomperz (dont le passage suivant reprend presque mot pour mot les paroles de Philostrate) :
Les penseurs de la Grèce : histoire de la philosophie antique a écrit:
[l'Oraison funèbre] et le Discours olympique se distinguent par leur tendance panhellénique. Nous avons déjà fait remarquer une fois (p. 465-6) que les maîtres itinérants, qui se trouvaient chez eux dans toutes les régions de la Grèce, étaient autant, si ce n'est plus que les poètes, animés du patriotisme de race plutôt que de cité, et devaient être, au milieu des dissensions intestines des Hellènes, les représentants naturels de l'idée nationale. Deux pensées de Gorgias viennent à l'appui de cette manière de voir et doivent être citées ici. Dans le Discours olympique, le sophiste conjurait ses compatriotes de faire trêve à leurs querelles et « de viser à conquérir non pas leurs propres villes, mais le pays des barbares ». Et dans l'Oraison funèbre des Athéniens, il rappelait les exploits accomplis en commun par les Grecs dans la lutte contre les Perses et résumait ses exhortations en s'écriant : « Les victoires remportées sur les barbares appellent des chants de triomphe ; celles que les Grecs gagnent sur des Grecs appellent des chants de deuil ».

Entre Gorgias et Polybe, je vois un point commun : le réalisme politique.

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La nécessité faisant loi, en pleine conscience de l’état de vulnérabilité dans lequel se situent les cités du fait de leurs divisions, le panhellénisme apparaît comme la solution. Solution portée par une minorité qui incarne – du fait de ces pérégrinations – cette idée d’unité. L’hypothèse est séduisante.
J’attends impatiemment la suite de votre développement.

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Je profite de cette période de relatif calme du forum pour relancer Euterpe, si d’aventure il lui est possible de reprendre cette passionnante discussion  ;) .

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Entre Gorgias et Polybe, je vois un point commun : le réalisme politique.

Envisagez-vous la volonté panhellénique des Antigonides dans cette même veine ? Je me risquerais presque jusqu'à pousser vers Le Pont et Mithridate VI.
Vous proposez là une posture originale, puisque d'ordinaire le réalisme est un attribut romain.

Edit : j'ai bien compris que ma question excède le cadre chronologique de votre proposition. Mais le lien m'apparait assez clair.
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