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Onfray serait décédé !

+5
Janus
Liber
Silentio
Desassocega
Euterpe
9 participants

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Merci!

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Desassossego a écrit:
Pourquoi ne le lisez-vous plus ? Est-ce une sorte de lassitude ou est-ce dû à votre rapprochement de Platon ?

De lassitude, surtout à cause de son ton polémique, qui ne correspond plus à mon âge.

Liber a écrit:
Mais il vit toujours en moi, le bougre !


Voudriez-vous ne plus le voir vivre en vous ?

Je voulais dire qu'il avait la vie dure. Mais j'aime bien en avoir le souvenir, ce furent des lectures brûlantes quand j'étais plus jeune. Nietzsche m'a toujours fait rêver. Aujourd'hui, pour me sentir encore proche de lui, j’écoûte Richard Strauss.

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Liber a écrit:
ce furent des lectures brûlantes quand j'étais plus jeune.


C'est quelque chose qui m'a toujours frappé ! Comment cela se fait-il que Nietzsche séduit essentiellement les jeunes ? Qu'est-ce qu'ils trouvent ou pensent trouver en lui ? Une sorte d'esprit révolutionnaire ?

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Silentio a écrit:
C'est intriguant ! Pourriez-vous en dire plus ? Parce qu'effectivement, Deleuze semble tributaire de Platon, même s'il en subvertit de manière héraclitéenne ou nietzschéenne les thèses et thèmes, lorsqu'il aborde la question des simulacres par exemple. Par contre, il demeure opposé à Platon sur la question du désir. Peut-être peut-on rapprocher Deleuze de Platon sur la question de l'intuition, en passant par Bergson (lui qui s'inscrit en partie à la suite de Platon et Plotin)


 C'est essentiellement dans Différence et répétition que l'on observe des remarques dans ce sens. De la même manière que dans une réponse antérieure vous avez nuancé l'opposition du désir deleuzien et du plaisir platonicien à l'appui du Phèdre, Deleuze serait je pense assez d'accord avec ce type d'interprétation possible par la richesse des dialogues platonicien, qui sont loin en vérité de l'enseignement académique sur Platon (théorie des Idées ; théorie de la réminiscence,...) qui correspond en vérité beaucoup plus au platonisme et néo-platonisme. Mais il est vrai, des oppositions majeures demeurent comme sur cette question des simulacres à la fin de Logique du sens.
 La question de l'intuition est fondamentale chez Deleuze mais très complexe, et je n'ai pas les qualités pour faire le parallèle avec Bergson (je connaît trop peut malheureusement, même chose pour Castoriadis). Elle se présente d'abord en confrontation avec Kant sur la question des objets asymétriques (Prolégomène ..,§13 ; Différence et répétition, Ve chapitre et de l'anticipation de la conscience. C'est un des aspects les plus fascinant je trouve de cette philosophie, qui permet de saisir le sens du CsO en sortant de tous ces discours de deleuziens ennuyeux à mourir. Mais il faudrait écrire un "roman" pour rendre cela plus clair. Mais ce travail est intéressant pour celui que cela intéresse, à l'appui des deux références que j'ai données, et pour compléter ensuite avec le plateau sur le CsO.
Silentio a écrit:
Comment distinguez-vous désir et plaisir au sens de Deleuze ? Opposeriez-vous Deleuze (désir) à Foucault (plaisir) ?


 Pour faire simple, c'est toujours le même problème pour Deleuze : il faut penser toute chose en terme de devenir et le désir correspond chez lui à un processus intensif dont il faut faire effort pour qu'il ne retombe pas, qu'il ne se reterritorialise pas ; c'est-à-dire qu'il faut justement ne pas le penser sous le schème du plaisir dont la finalité est la jouissance ultime comme anéantissement finalement du désir qui est toujours premier. Se maintenir dans le désir le plus longtemps possible, telle serait pour lui la tentative toujours programmatique du maso par exemple.
 Oui, le point de séparation le plus net entre ces deux philosophes se situe précisément sur ce point (une note de bas de page de Mille Plateau dans quelque régime de signe le montre clairement) : ainsi il n'est finalement jamais question de rapport à soi chez Deleuze et Guattari mais d'expérimentation de vie.

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Silentio a écrit:
Ainsi, il me semble qu'il y a bien un refus de la limite, de l'incarnation, de l'individuation, de la finitude, du réel qui me fait exister dans un monde où ma volonté ne peut pas tout et ne peut pas jouer à Dieu, détruire le monde pour le recréer, se créer son propre corps en accord avec son désir de puissance. En dépit de toute responsabilité, de toute ob-ligation sociale, le réel étant aussi la société, le fait que j'existe en rapport aux autres et plus généralement à l'Autre qui peut me constituer sans que j'aie nécessairement, puisque je ne suis pas un sujet souverain (ce que le sujet deleuzien voudrait être, au fond !), de maîtrise sur lui.


C'est vrai que sur cette question nous sommes au point sans doute de la plus haute finalité de l'œuvre de Deleuze et Foucault qui en est l'aspect le plus critiquable et souvent à raison. Reste qu'il ne faut pas oublier toute cette éthique de la prudence. Pour Deleuze il est assez facile pour un esprit "éclairé" de se constituer une vie intensive hors des normes sociales, mais la question demeure comment tenir le coup et continuer à vivre avec les autres (ce qui est bien une des question finalement la plus classique de la philosophie depuis les Grecs) ; il faut pour cela une extrême prudence qui doit même être privilégiée sur la création de l'individu, pour cela qu'il s'agit toujours d'expérimentation. L'analyse du social tient ainsi une part fondamentale dans les écrits de Deleuze et Guattari, qui reprennent évidemment beaucoup de choses à Foucault, notamment à travers l'analyse des trois grades lignes de segmentarités, des strates,... Où souvent on a l'impression qu'ils dénigrent complètement la ligne dure, molaire, binaire, social, alors qu'elle est bien en fait indispensable à leurs yeux. En gros, le problème est bien comment se créer un type de vie qui vaut d'être vécu tout en gardant assez du social,..., pour ne pas s'effondrer. L'innovation philosophique est bien dans cette prise en compte fondamentale du déterminisme social, mais aussi et d'abord ontologique, qui place Deleuze d'avantage dans la prudente lignée spinoziste que dans le destructeur mais génial esprit de création nietzschéen.


Silentio a écrit:
Je comprends, la grande politique, le surhomme, tout ça, c'est bien gentil mais il me semble que la souffrance et l'affrontement, le conflit, sont moteurs du désir chez Nietzsche, et que la vie chrétienne authentique ou philosophique peut être la vie la plus intensive grâce à la souffrance. Là où le Christ connaît la passion de la Croix, c'est-à-dire de l'ex-istence, de l'incarnation, du fait d'être homme au monde, Dionysos me semble finalement, dans l'accord des contraires, nier ces derniers. Il redevient cet opium de la Naissance de la tragédie,
ce principe de l'Un (donc de néant, en tant qu'opposé à l'ex-istence comme division !), de dés-individuation, d'oubli de soi et de la souffrance du monde dans l'ivresse qui dissout le moi.


Je pense qu'il y a un aspect incontestable dans ce que vous dites, et dont Nietzsche fût peu conscient lui-même et avec lequel il "joua", dont Deleuze est lui clairement au fait : il reprend cette idée de l'Un chez lui au sujet de l'éternel retour, pivot de sa philosophie (fin de rizhome).
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