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Le néant

+3
Collegienmv
Euterpe
Bryan28
7 participants

descriptionLe néant - Page 3 EmptyRe: Le néant

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Pour ma part je préfère celle de Sartre :
Sartre, L'être et le néant - Éd Tel, pp. 57-59. a écrit:
"Nous avons vu, on s'en souvient, que toute question pose par essence, la possibilité d'une réponse négative. [...] Ainsi avec la question, une certaine dose de négatité est introduite dans le monde : nous voyons le néant iriser le monde, chatoyer sur les choses. Mais, en même temps, la question émane d'un questionneur qui se motive lui-même dans son être comme questionnant, en décollant de l'être. Elle est donc, par définition, un processus humain. L'homme se présente donc, au moins dans ce cas, comme un être qui fait éclore le néant dans le monde, en tant qu'il s'affecte lui-même de non-être à cette fin. [...]. L'homme est l'être par qui le néant vient au monde.

descriptionLe néant - Page 3 EmptyRe: Le néant

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Je m'arrête sur cette expression : "conscience du néant", où je vois un non sens : comment la conscience (qui est conscience de…, intentionnalité...) peut-elle être conscience d’autre chose que de la vie puisqu'il n'y a pas conscience sans vie ? D’ailleurs dans le langage courant, intuitif, celui qui est inconscient est soit endormi soit mort. Une "conscience de néant" ne peut donc pas être source de vie. Serait-elle donc source de mort ?

Dans l’extrait que j’ai précédemment édité concernant le concept de néant chez Hegel, on peut en déduire qu’au commencement, le néant contient à la fois l’être et le néant (non-être), autrement dit à la fois la mort et la vie, mais à l’état de léthargie, d’esprit inconscient, d’inconscience de soi...  que seul un esprit de Raison (déjà présent car l'"essence précède l'existence") va pouvoir réveiller, non pour néantiser la vie mais pour néantiser la mort (négation de la négation), que dans son germe encore inerte la vie contient.
Même si comparaison n'est pas raison, on peut tout de même pour l'illustrer prendre comme exemple l’embryon ou  la graine végétale qui sont produits par la Nature (donc Dieu au sens métaphysique, et pour Hegel Dieu immanent qui s’incarne et s’humanise) : en apparence ce germe est une chose sans vie, inerte, semblable à quelque chose de  mort, mais au cours de son existence, soit dans le monde des vivants, avec le temps, l’espace et les éléments vitaux nécessaires (eau, lumière, terre fertile, etc.) cette graine se développera dans son devenir en un être vivant, une plante, un animal, etc.

Alors que chez Sartre, dont l’athéisme n’est pas un secret, on peut s’apercevoir que le mot néant ne peut être conçu qu'au sens de mort :
L'homme (c'est un athée qui parle) est l'être par qui le néant arrive au monde… Si l'homme a la possibilité de nier telle ou telle partie du monde, s'il est celui qui fait éclore le néant dans le monde, c'est qu'il porte en quelque façon le néant (la mort) en lui.
Coupé du monde et de mon essence par ce néant que je suis, j'ai à réaliser le sens du monde et de mon essence, j'en décide seul, injustifiable et sans excuse.

Sartre a retenu de la dialectique hégélienne la  "puissance du négatif", mais il ne la reconnaît que dans la seule activité humaine où l'"existence précède essence". Il conclut ainsi à un dualisme ontologique foncièrement athée : la liberté néantisante transcende un être qui s'identifie à la matérialité brute et muette.  
Et j'en conclus chez lui : liberté comme choix existentiel donc, mais de néantiser (donner la mort)... plutôt macabre à mon goût.

descriptionLe néant - Page 3 EmptyRe: Le néant

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Janus a écrit:
Alors que chez Sartre, dont l’athéisme n’est pas un secret, on peut s’apercevoir que le mot néant ne peut être conçu qu'au sens de mort.
Vous ne faites que remplacer le terme de néant par celui de mort sans justification. La néantisation chez Sartre n'est pas l'anéantissement ou la mort de quoi que ce soit, c'est juste une modification du rapport de l'être à son être :
Sartre, L'être et le néant - Éd. Tel, p. 59. a écrit:
L'être ne saurait engendrer que l'être et, si l'homme est englobé dans ce processus de génération, il ne sortira de lui que de l'être. S'il doit pouvoir interroger sur ce processus, c'est-à-dire de le mettre en question, il faut qu'il puisse le tenir sous sa vue comme un ensemble, c'est-à-dire se mettre lui-même en dehors de l'être et du même coup affaiblir la structure d'être de l'être. Toutefois il n'est pas donné à la réalité humaine d'anéantir, même provisoirement, la masse d'être qui est posée en face d'elle. Ce qu'elle peut modifier, c'est son rapport avec cet être.

descriptionLe néant - Page 3 EmptyRe: Le néant

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Mon exercice s’est limité à mettre face à face deux différentes interprétations de deux philosophes (l’un intégrant le concept d’un dieu immanent – l’autre non), deux acceptions opposées en l’occurrence, d’un même mot (contenant) complètement abstrait (concept pur, qui ne peut être expérimenté par les sens, tel le mot néant) à partir de purs pré-supposés où l’être dispose donc de toute liberté pour lui attribuer un sens (contenu). Après chacun est libre d’accepter ou non cette démonstration purement théorique, de choisir d’interpréter néant par mort, vu qu’on est dans l’abstrait total, tout est possible. Et même libre de penser que l'expression "modifier le rapport de l'être à son être" est totalement vide de sens, ou cache un vide qu'elle saurait mal dissimuler.

descriptionLe néant - Page 3 EmptyRe: Le néant

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Janus a écrit:
Pourtant Hegel [...] si on s'attarde sur son acception du néant, telle que j'ai essayé de la résumer précédemment, on observe qu'il dit quelque chose de très approchant puisque chez lui : "l'être et le néant sont la même chose".

Pour Hegel, la similarité entre l'être et le néant relève de leur indétermination. Mais il s'agit de l'être pur et du néant pur.
Hegel, La science de la logique. La théorie de l'être. §41 a écrit:

Ici il est question simplement de l'être et du néant abstraits.
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