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Critique de la raison pure

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aliochaverkiev
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descriptionCritique de la raison pure - Page 8 EmptyRe: Critique de la raison pure

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A propos de la définition de la raison pure (exercice de la raison hors de l'expérience) il apparait que la meilleure façon de la définir c'est de la considérer  agissante, de voir comment elle s'exerce. 
Voici un petit problème posé en cinquième, problème apparemment anodin, dont voici l'énoncé :
Tracer un triangle ABH tel que :
AB = 5 cm; AH = 4 cm; BH  = 2,5 cm.
Construire le point C tel que (AH) et (BH) soient deux hauteurs du triangle ABC. 
(mathématique, triangle, 5ème, Gisèle Chaperon, Hatier, programme 2008 page 166, exo 72)
Petit exo que j'ai posé à un élève, qui se révèle bien plus ardu que prévu! (je ne suis pas enseignant, je suis un transmetteur, celui à qui les parents recourent quand l'enseignement officiel a atteint ses limites).
La construction du point C oblige à dérouler un raisonnement simple mais rigoureux, raisonnement qui permet d'observer le déroulé même de la logique formelle, "l'arme" par excellence de la raison pure.
Mais très intéressant aussi ce fait suivant : si j'observe le mécanisme de ma propre pensée, comment ai-je opéré? En déroulant ledit raisonnement? Non! En figurant le point C au dessus du triangle ABH...Je vois, je regarde, je comprends. Conclusion : la vision seule semble être, pour ma conscience du moins, le seul moyen de résolution. Mais si je dois "transmettre" le résultat à quelqu'un qui ne "voit"pas? Alors je déroule le raisonnement  a posteriori! étonnant non? La vue est à l'origine de ma solution, la vision, sans raisonnement, puis après la vision, je dessine...alors, l'origine des maths? le dessin ou le génie d'un Thalès? (les deux!dessin et génie). Quand nous ouvrons un livre d'histoire des maths nous constatons que le dessin était pratiqué intensément par les Grecs! Que Thalès a vécu dans cet environnement! Peut-être avons nous encore beaucoup à apprendre sur l'origine de l'émergence de la raison pure, prise ici comme instrument de la connaissance a priori.

descriptionCritique de la raison pure - Page 8 EmptyRe: Critique de la raison pure

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Page 81 de la préface.

Moment important puisque Kant y définit le but de la Critique : mettre la métaphysique dans la voie sûre d'une science, en définissant le périmètre de compétence de la métaphysique et en en faisant ressortir l'architecture interne.
Il indique régalement son ambition : faire de la métaphysique une science achevée et "l'abandonner à l'usage de la postérité comme un capital qu'on augmentera jamais".
Cette possibilité d'achever la métaphysique provient qu'elle ne s'occupe que des principes (les modalités de la connaissance a priori) qu'elle détermine elle-même, principes qui ne  relèvent que du sujet (de l'homme), et non de l'expérience,  au contraire des autres sciences dont les objets ne sont jamais totalement dénombrés (donnés par l'expérience). Une autre science peut prétendre à cet achèvement : la logique, mais cette science ne s'occupe que de la forme de la pensée.

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Suite de la préface, page 82.

Kant introduit une certaine subtilité dans la définition de la raison pure. Il distingue la raison pure   dans son usage spéculatif (raison pure spéculative) et la raison pure pratique, la raison pure dans son usage pratique. Dans son usage spéculatif la raison pure déborde trop largement le cadre de l'expérience possible d'où un usage qui finit par être illégitime  tandis que dans son usage pratique la raison pure est nécessaire dans l'ordre de la morale "dans le cadre duquel elle s'étend inévitablement au -delà des limites de la sensibilité".
Nous voyons donc que l'objectif de Kant est de limiter l'usage de la raison pure dans son usage spéculatif, usage conduisant à trop de contradictions et à la ruine dans toute confiance dans l'exercice de la raison pure, afin de la réhabiliter et de l'utiliser, d'une manière légitime, dans le domaine moral.

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Page 83 et suivantes.

Kant revient sur la distinction entre phénomène et chose en soi. J'ai été tenté de passer rapidement ces pages pour commencer l'étude même de la Critique, mais c'est absolument impossible tant ces pages sont extrêmement importantes dans ce qu'elles dévoilent de la pensée de Kant. Ces pages sont difficiles à "décompresser" tant chaque mot a son importance.

Il écrit (pages 82-83) :

"Assurément s'ensuit-il de fait  la restriction de toute la connaissance spéculative seulement possible de la raison à de simples objets de l'expérience [entendus ici comme phénomènes]. Pourtant ....il nous faut cependant pouvoir penser ces objets aussi comme choses en soi"

Sinon il s'en suivrait cette proposition absurde selon laquelle il y aurait phénomène sans rien qui s'y phénoménalise (pour simplifier il y aurait un phénomène sans rien qui l'ait provoqué, engendré).

Mais la non-distinction des deux concepts entraîne  aussi des contradictions insurmontables dès que la pensée se porte sur des choses en soi tels que l'âme, la liberté etc. et Kant insiste bien sur la nécessité alors  de penser l'objet en deux significations différentes, à savoir comme phénomène ou comme chose en soi.


Il est intéressant dans ces pages de constater que l'âme par exemple ou la liberté, sont considérées comme des choses en soi (expression indiquée entre parenthèses dans la page 83) et que la contradiction est alors celle-ci :

S'il n' y a pas de différence entre phénomène et chose en soi alors le principe de causalité doit s'appliquer à toutes les choses (qu'elle soient des phénomènes ou des choses en soi, puisqu'il n' y a plus de différence) et donc l'âme, que Kant considère comme étant libre, ne pourrait plus être considérée comme telle car elle serait alors soumise au principe de causalité elle aussi, c'est-à-dire qu'elle serait soumise  à la nécessité de la nature.

Ces pages sont intéressantes car nous voyons que Kant identifie les phénomènes à la nature observable mais qu'il distingue aussi des choses en soi particulières, l'âme, et il ajoute page 84, Dieu, la liberté, l'immortalité, qui, même s'il ne s'agit pas de phénomènes, doivent pouvoir être pensées. Nous voyons donc, que dans certaines circonstances le concept de la chose en soi ne s'évanouit pas (il semble qu'il y a donc évanouissement de la chose en soi uniquement dans l'étude de la nature).

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Page 84 Kant cite l'exemple de la liberté comme propriété d'un être [l'âme] auquel il est possible d'attribuer des effets dans le monde sensible.  La liberté ne peut pas être objet de connaissance (chose en soi) mais nous pouvons néanmoins nous en forger une pensée. Cela le conduit à distinguer la représentation sensible de la représentation intellectuelle (représentation de la chose en soi). Il est possible de se demander ce que peut être une représentation intellectuelle...dont il dit qu'elle est telle que nous ne pouvons pas nous y forger une connaissance avec discernement du concept dont il s'agit.
Il fait la citation de la liberté à propos  de la moralité (que nous entendrons comme étant l'ensemble des lois qui gouverne les rapports entre les hommes). La moralité telle que nous en relevons les prescriptions pratiques dans notre quotidien présuppose, sans son exercice, selon lui, la liberté, sans laquelle ces prescriptions seraient impossibles. Mais si nous laissons la raison pure spéculative agir, celle-ci a vite fait de ruiner l'idée même de la liberté (partant elle subordonne la moralité à la loi de la nature et non à la liberté) en la soumettant par exemple au principe de causalité, parce que cette raison pure spéculative ne fait pas le différence entre phénomènes et chose en soi, et applique du coup aux choses en soi des principes qui pourtant ne peuvent avoir de sens que pour les phénomènes. Il est donc bien nécessaire de limiter les pouvoirs de la raison pure spéculative en dénonçant son exercice abusif, en distinguant bien le phénomène de la chose en soi, et en limitant l'exercice de la connaissance spéculative de la raison aux phénomènes.
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